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mardi 24 février 2026

Le Sénégal sous pression face à un mur de dette de 10 milliards de dollars en 2026

Des émissaires français ont multiplié les échanges à Dakar alors que le Sénégal affronte une équation budgétaire inédite. Le pays devra honorer près de 10 milliards de dollars d’échéances en 2026, un montant qui dépasse largement les projections initiales et qui place les autorités face à un défi financier majeur.

La crise a pris forme à la fin de l’année 2024, lorsque la nouvelle équipe au pouvoir, conduite par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, a lancé un audit des comptes publics. L’examen a mis au jour environ 7 milliards de dollars d’engagements non déclarés par l’administration précédente. Cette révélation a brutalement alourdi le niveau d’endettement, passé d’environ 74 pour cent du produit intérieur brut à plus de 100 pour cent. Selon les estimations actualisées du Fonds monétaire international, la dette pourrait culminer à 132 pour cent du PIB.

Face à ces chiffres, le FMI a suspendu son programme d’appui de 1,8 milliard de dollars. Une décision qui a renforcé la pression sur Dakar, déjà confronté à une échéance majeure en mars 2026 avec le remboursement de 485 millions de dollars au titre d’un eurobond.

Le gouvernement assure avoir sécurisé les ressources nécessaires pour honorer cette échéance. Des recettes fiscales jugées robustes en début d’année et des emprunts contractés sur le marché régional ont permis d’écarter, pour l’heure, le spectre d’un défaut de paiement et de maintenir un certain niveau de confiance auprès des investisseurs. Reste que ces financements récents sont en grande partie de court terme et assortis de taux élevés, ce qui pourrait alourdir la charge dans les années à venir.

Le débat porte désormais sur la méthode à adopter pour rééquilibrer les comptes sans acter formellement un défaut. Ousmane Sonko rejette toute restructuration impliquant une réduction des montants dus aux créanciers. Une telle option, estime-t-il, fragiliserait durablement la crédibilité du pays sur les marchés internationaux.

L’exécutif privilégie une autre voie, celle d’un réaménagement des échéances. L’objectif consiste à allonger les délais de remboursement et à substituer des prêts coûteux par des financements plus avantageux, notamment auprès de partenaires comme la France ou la Chine. Paris occupe une place centrale parmi les créanciers bilatéraux officiels, avec environ 30 pour cent des encours détenus.

Le soutien des partenaires est également déterminant pour renouer le dialogue avec le FMI. Un nouveau chef de mission de l’institution est arrivé en janvier afin de reprendre les discussions. Le Fonds appelle à un effort budgétaire substantiel après l’élargissement du déficit, passé d’environ 4,9 pour cent à plus de 12 pour cent à la suite de l’audit.

Les autorités préviennent que les prochaines années seront marquées par des ajustements difficiles. De nouvelles taxes ciblent les jeux d’argent, les transferts via mobile et le foncier. Les subventions à l’énergie, déjà sensibles par le passé, sont revues à la baisse.

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L'invité du Nouvelliste Maroc

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